National politics

Interview donné au ,,Lëtzebuerger Journal » sur la nécessité d’implication des jeunes dans le débat public européen

Nous assistons aujourd’hui à la remise en question de principes de base de cette Union qui nous a amené la paix et la prospérité

Journal 26.01.2016 

Ses origines remontent au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Or, la Jeunesse Européenne du Luxembourg, qui existe sous cette désignation depuis 1979, n’a plus vraiment fonctionnée ces huit dernières années. Un groupe de jeunes souhaite la faire revivre. Explications avec le président Christophe Origer.

«Dans les actes constitutifs du Mouvement des Jeunes de l’Europe figure entre autres la signature de Robert Schuman. Je pense que ce grand homme d’Etat serait aujourd’hui profondément inquiet de l’évolution du grand projet européen dont il a été un des pères principaux.

Il est vrai que ce projet de paix et de prospérité a pris de nombreux coups ces dernières années. Tandis que les conséquences négatives de ces difficultés ont sans cesse fait les unes des médias, tout ce qui est positif semble passé à l’arrière-plan.

Certains dirigeants politiques ne sont pas étrangers à cette évolution dans la mesure où ils ont toujours tenté de capitaliser les succès de l’Union comme leurs propres succès, alors qu’ils ont pointé du doigt “Bruxelles” quand des problèmes sont apparus.

A l’heure actuelle, à l’aune des conséquences de la crise économique et à l’épreuve de la crise des réfugiés, les messages négatifs sur l’Union Européenne prévalent malheureusement et nous assistons à la remise en question de principes de base de cette Union qui nous a amené la paix et la prospérité.

Pour les jeunes d’aujourd’hui, la paix, l’objectif élémentaire des pères de l’Union après le carnage de la Seconde Guerre Mondiale, constitue un acquis et ils ne connaissent souvent pas l’énorme travail qui a été nécessaire – et qui l’est toujours d’ailleurs – pour la garantir.

En relançant la Jeunesse Européenne du Luxembourg, nous souhaitons faire revivre une plate-forme pour rappeler ces états de fait et recréer auprès des jeunes la passion pour ce projet européen et la recherche de solutions concrètes pour le faire évoluer.

Nous sommes pour la construction d’une Europe fédérale, mais ne sommes pas proche de l’un ou l’autre parti politique. Tout le monde est la bienvenue. J’aimerais profiter de l’occasion pour lancer une invitation à tous les intéressés pour ce samedi 30 janvier à partir de 18.00 à l’Urban Bar & Kitchen, 2, rue de la Boucherie à Luxembourg-Ville à l’occasion de la relance officielle de la Jeunesse Européenne du Luxembourg. Nous nous pencherons à ce moment aussi lors d’une table ronde sur le sujet: “Les jeunes Européens: une proie facile pour les mouvements nationaux-populistes?” La discussion sera servie par les députées européennes Mady Delvaux-Stehres et Viviane Reding ainsi que par le Professeur Philippe Poirier de l’Université du Luxembourg.»

Une faute politique impardonnable engageant inéluctablement la responsabilité

Droitiers, approuvez-vous l’idée d’accorder plus de droits aux gauchers ? Une telle question provoquerait sans doute un chahut sans réciproque non seulement dans les groupes politiques et parlementaires logés autour du plateau du Saint-Esprit, mais dans la société entière. Et de droit!

Il est communément connu et admis qu’un référendum par lequel on fait voter une partie de la population sur les droits d’une autre, constitue une arme politique dont les conséquences destructrices peuvent être immensurables pour l’équilibre moral de la société.

La démocratie est conçue comme un outil d’égalité et d’équité, or se tourne vite en injustice menaçante lorsque les uns sont appelés à décider sur les droits des autres.

Cette constatation s’accentue si les électeurs sont des nationaux et les autres des résidents étrangers… le bon sens interdirait donc à tout politicien doté de ce dernier d’envisager un référendum sur une telle question.

Or, le Premier ministre thaumaturge ensemble avec son gouvernement ont décidé de violer tout bon sens  et de poser ce dimanche, 7 juin aux citoyens et citoyennes luxembourgeois une telle question risquant de diviser profondément la société du Grand-Duché: le droit de vote des étrangers !

Ils nous présentent le recours au référendum comme appel direct au peuple permettant de faire revivre l’esprit démocratique. Or ce référendum-ci appelant une réponse binaire est inefficace pour traiter une question complexe et drosse souvent le débat politique en le conduisant à s’écarter de la question posée.

Il est évident qu’une telle question ne se prête nullement à un plébiscite, destiné en fin de compte uniquement à combler l’agenda du gouvernement en place. Quelle responsabilité pour un Premier ministre et son gouvernement de faire trancher un pays sur une question si délicate ayant de ce fait séparé profondément la souche sociétale luxembourgeoise ?

La société luxembourgeoise est divisée ! Et non pas ensemble sur une question, mais un camp contre un autre. Bettel, Schneider, Braz et associés essaient sans cesse de convaincre de manière plus, mais plutôt moins réussie, les citoyens et citoyennes de voter OUI. Parmi leurs arguments sont les conséquences néfastes qu’un refus pourrait avoir sur la toile civile luxembourgeoise.

Or il sied dans ce contexte de se poser la question comment de telles politiques peuvent effectivement refuser de voir leur responsabilité engagée ? Même s’ils ne jumelaient pas leur responsabilité au simple résultat du référendum, ils devraient au moins rester francs et pour la première fois depuis le souvenir immarcescible d’octobre 2013 respecter les luxembourgeois ainsi que les résidents étrangers et accepter les conséquences pour cette faute politique !

Si le dimanche 7 juin à la clôture des bureaux de vote, les luxembourgeois votent contre les conditions d’attribution du droit de vote aux résidents étrangers alors j’espère que des conséquences politiques seront la suite ! Même dans le cas d’un oui majeur, la société restera divisée, ce ne sera donc pas le résultat du référendum qui induira l’engagement de la responsabilité politique mais le fait même d’avoir posé cette question et commis cette faute politique grossière.

J’espère que le gouvernement Gambia qui a gracieusement béni les luxembourgeois d’un pseudo-renouveau et d’un droit de participer aux décisions du pays ne sera pas atteint d’un aveuglement lâche et dangereux et acceptera de reconnaître sa faute et payera les dommages et intérêts politiques pour le préjudice causé à la société du Grand-Duché !

Il serait impensable de retourner le lundi 8 juin à l’ordre du jour habituel et nier le préjudice causé. On est dans une situation particulière au Luxembourg et une telle situation nécessite des mesures particulières ! Mais non pas en divisant une société et un pays mais en l’unissant ! Cette question posée dimanche ne se trouve nullement dans cette ligne de mire !